Quand avons-nous été créés ?
1995
En 1995, après de nombreux conflits environnementaux, en particulier autour du “TGV Méditerranée, la France s’inspire de l’expérience québécoise du bureau des audiences publiques et institutionnalise la participation citoyenne.
La loi du 2 février 1995 relative à la protection de l’environnement, dite « loi Barnier » créé la commission chargée d’organiser les débats publics sur les projets ayant un impact significatif sur l’environnement.
L’objectif est d’organiser la participation du public le plus en amont possible afin de débattre des objectifs et caractéristiques principales des projets, à un moment où il est encore possible de revenir dessus et de substantiellement les modifier.
La loi constate en effet que l’enquête publique, qui existe depuis 1810, intervient trop tard, à un moment où il n’est plus possible de repenser fondamentalement le projet.
1997
La CNDP ne sera réellement créée que le 4 septembre 1997. Le premier débat public organisé concerne le projet « Le Havre, Port 2000 ». La CNDP se pose comme un « tiers garant » du débat, objectif et neutre. Mais elle n’est pas encore une autorité indépendante puisqu’elle doit consulter les ministres pour pouvoir organiser un débat public.
2002 La CNDP devient une autorité administrative indépendante
De 1997 à 2002, la CNDP organisera 6 débats publics. Les travaux sur la démocratie participative et environnementale sont intenses en France et en Europe.
1998
1999
Fin 1999, le rapport du groupe d’étude présidé par Nicole Questiaux préconise de faire évoluer la CNDP vers une autorité administrative indépendante. Elle considère que le débat public permet d’apprécier l’utilité publique d’un projet. Il ne peut donc être sous la tutelle de l’autorité qui déclare cette utilité publique, c’est-à-dire l’Etat.
2002
La loi du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité transforme la CNDP en autorité administrative indépendante. Elle agit au nom de l’Etat, mais ne reçoit ni ordre, ni instruction du gouvernement.
2002 – 2016 Un élargissement continu des compétences de la CNDP
2002
La loi de 2002 élargit substantiellement les compétences de la CNDP et inscrit le principe de participation dans le code de l’environnement. La loi
- impose aux responsables de projet de saisir la CNDP en fonction de l’importance de leur projet.
- élargit sa compétence aux projets portés par des « personnes privées » (c’est-à-dire essentiellement des entreprises).
- confère à la CNDP le pouvoir d' organiser un débat public ou de recommander son organisation et de le garantir en nommant une personne chargée de veiller au respect des principes de la participation (un.e garant.e).
- dispose que la CNDP est libre d’émettre toute recommandation ou avis dans le champ de la participation.
2005
2010
La loi du 12 juillet 2010 dite « loi Grenelle II » accroît de nouveau les missions de la CNDP dont la composition est fixée à 25 membres.
Elle impose notamment que le public soit informé des suites données au débat public : le responsable du projet a l’obligation de préciser ce qu’il retient ou non du débat, et pourquoi.
2016 La CNDP, autorité garante des droits du public
En 2014, la mort tragique d’un jeune opposant au barrage de Sivens incite les pouvoirs publics à repenser le dialogue environnemental. Le constat est que des projets, jugés de moindre envergure, peuvent être très conflictuels et devraient pouvoir être débattus avec le public. Le rapport de la commission sur le dialogue environnemental, dit « rapport Richard » présenté en juin 2015, préconise donc de généraliser la « concertation amont ».
2016
Les ordonnances de 2016 créent de nouveaux droits à la participation : les porteurs de projets de moindre importance peuvent volontairement saisir la CNDP afin qu’elle nomme une personne chargée de garantir la concertation ; s’ils ne le font pas, une représentation du public permet de saisir le préfet afin de demander l’organisation de cette concertation (droit d’initiative) ; plusieurs plans et programmes ayant un impact sur l’environnement sont soumis à la participation (la programmation pluriannuelle de l’énergie, le Plan stratégique national pour la PAC…). La CNDP constitue un vivier de personnes, les garant.e.s, qui garantiront le respect des principes de la participation.
2022, bilan de 25 ans d’existence
En 25 ans (jusqu'à fin 2022), la CNDP a organisé 106 débats publics, garanti 410 concertations et assuré 66 missions de conseil ou d'appui. L’essentiel de cette activité résulte des ordonnances de 2016 qui ont multiplié par 6 le nombre de dossiers soumis à la CNDP.
L’évaluation des débats publics démontre que la participation a eu un impact systématique sur les projets. Seulement, 3 projets ont été abandonnés à l’issue du débat public. Plus de 60 % ont été modifiés dans leur conception et leurs grandes caractéristiques. Tous les autres projets ont vu leurs modalités de gouvernance totalement remaniées.
La CNDP a posé les principes qui sont aujourd’hui les fondements de la participation : indépendance, neutralité, transparence, argumentation, égalité de traitement et inclusion.
2025 Les 30 ans de la CNDP
En 30 ans, la CNDP a organisé 116 débats publics, garanti 527 concertations et assuré 91 missions de conseil ou d'appui*.
Elle incarne également un certain nombre de valeurs essentielles que sont la transparence, l’argumentation, la neutralité, l’indépendance, l’égalité de traitement et l’inclusion, autant de principes nécessaires à la bonne organisation des débats publics et des concertations.
*chiffres au 31 décembre 2024
Les président.e.s de la CNDP
- 2023-présent Marc Papinutti
- 2018-2023 Chantal Jouanno
- 2013-2018 Christian Leyrit
- 2007-2012 Philippe Deslandes
- 2002-2007 Yves Mansillon
- 2000-2002 Pierre Zémor
- 1997-2000 Hubert Blanc
Aller plus loin
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Publié le 17/03/2021
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Date de dernière mise à jour : 17/09/2025