Déchets médicaux en médecine nucléaire : anticiper les enjeux du retour à domicile
Le 16 janvier 2026, un atelier consacré aux déchets médicaux radioactifs issus de la médecine nucléaire s’est tenu à Montrouge, à la Maison de la Médecine Nucléaire, dans le cadre du débat public sur le PNGMDR. Cette rencontre a réuni des professionnels de santé, des industriels du secteur pharmaceutique, des représentants d’associations et d’aidants de patients, ainsi que des collectivités territoriales et des opérateurs de collecte et de traitement des déchets.
Les échanges ont permis de croiser les retours d’expérience et d’identifier les points de vigilance et les pistes d’amélioration face au développement rapide des thérapies en médecine nucléaire, notamment en lien avec leurs impacts sur les territoires.
Un circuit hospitalier maîtrisé, mais des enjeux émergents à domicile
Les participants ont souligné que les pratiques hospitalières sont aujourd’hui globalement bien encadrées : préparation et administration des traitements, gestion des déchets et des effluents, procédures de contrôle et dispositifs d’alerte dans les réseaux de collecte et d’assainissement.
En revanche, l’atelier a mis en lumière un « point fragile » : le retour du patient à domicile.
Ce moment soulève des enjeux humains, éthiques et organisationnels, en particulier pour la gestion de déchets potentiellement radioactifs hors du cadre hospitalier. Certaines situations, comme l’utilisation de protections urinaires en cas d’incontinence, peuvent par exemple entraîner le déclenchement de portiques de détection en déchetterie ou lors du traitement des ordures ménagères, générant incompréhensions et inquiétudes.
Des enseignements clés pour les territoires :
- Mieux coordonner l’ensemble de la chaîne, de l’hôpital au domicile du patient, puis jusqu’aux acteurs de la collecte et du traitement, afin d’éviter les blocages organisationnels ou réglementaires.
- Anticiper l’augmentation du nombre de patients et l’arrivée de nouveaux radionucléides, notamment émetteurs alpha, pour adapter dès maintenant les règles et les dispositifs existants.
- Harmoniser les consignes données aux patients et aux aidants, aujourd’hui variables selon les établissements, en s’appuyant sur des supports simples, clairs et compréhensibles.
- Porter une attention particulière au retour à domicile, dans une approche éthique, sans stigmatisation, et en accompagnant concrètement les patients dans la gestion de leurs déchets.
- Renforcer l’information et la formation des professionnels en aval (collecte, tri, incinération, assainissement), afin de limiter les inquiétudes et prévenir les incidents.
- Mieux distinguer les seuils d’alerte et la notion de danger, pour mesurer et maîtriser les risques sans entraver l’accès aux soins.
Cet atelier a ainsi mis en évidence l’importance d’une approche globale et territorialisée de la gestion des déchets médicaux radioactifs, intégrant à la fois les dimensions sanitaires, sociales et organisationnelles, au cœur des réflexions du débat public sur le PNGMDR.
- Publié le 02/02/2026
- Date de dernière mise à jour : 03/02/2026
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