Mémoire radioactive : penser la gestion des déchets au-delà des siècles
Le nouvel article d’Usbek & Rica interroge les défis posés par la pérennité de la mémoire des déchets radioactifs sur des échelles de temps allant jusqu’à 100 000 ans. L’article s’intitulé « Mémoire radioactive : des déchets face à l’éternité ». Il s’interroge sur une problématique centrale : la transmission de l’information de l’emplacement et de la dangerosité des déchets radioactifs, à des sociétés qui pourraient ne plus disposer des mêmes cadres culturels ou linguistiques – plusieurs milliers d’années après leur mise en stockage.
Pour éclairer cette question, Usbek & Rica ont échangé avec Sophie Loisy, responsable du pôle archives de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA). Sophie Loisy évoque la réglementation qui encadre les archives, la sémiotique nucléaire, les expérimentations en cours... et elle questionne : « Dans 1 000 ou 100 000 ans, sera-t-on en mesure de comprendre les termes "radioactivité" ou "millisieverts" ? »
Parmi les dispositifs de transmission de la mémoire existants, il y a les dossiers détaillés et synthétiques de mémoire, conservés sur papier permanent – résistant durant au moins 500 ans – ou déposés aux archives nationales, ainsi que des pistes plus innovantes à découvrir dans l’article, en cours d’exploration. Par exemple, des initiatives artistiques, linguistiques et symboliques pour créer des signes ou repères « intrinsèquement durables ». Certains projets, comme des monuments paysagers ou des représentations sémiotiques innovantes, visent à créer des messages compréhensibles, même en absence des systèmes de référence contemporains.
© Image extraite du film L'été nucléaire - Gaël Lépingle (2022)
Le débat public vise à engager les citoyennes et citoyens sur la révision du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) pour la période 2027-2031. Mais cet article met en lumière que les enjeux dépassent la sûreté technique et scientifique des centres de stockage, pour toucher à la mémoire collective et à la responsabilité intergénérationnelle.
L’article souligne la nécessité de faire de cette question — souvent perçue comme technique — un sujet de société pleinement débattu, en associant habitant·es, élu·es, chercheur·ses et citoyen·nes au débat. Cette démarche s’inscrit précisément dans l’esprit du débat public engagé par la Commission nationale du débat public, qui encourage votre participation jusqu’à la clôture du débat, le 10 février prochain.
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- Publié le 28/01/2026
- Date de dernière mise à jour : 28/01/2026
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