Retour sur l’atelier de controverses « Forêt landaise et photovoltaïque »

« Forêt landaise et photovoltaïque », c’était le thème du deuxième atelier de controverses, organisé en partenariat avec Sud Ouest et diffusé lundi 18 octobre à 18h.

Philippe Barbedienne, Président de la SEPANSO Gironde et Cédric Philibert, chercheur associé à l’IFRI, ont participé à cet atelier de controverses animé par Laetitia Langella, journaliste à TV7. La Commission particulière du débat public était représentée par Aurélie Dalleas de Domingo.

Dès le début du débat, les deux intervenants ont évoqué le diagnostic. Philippe Barbedienne, a d’abord indiqué que si la surface forestière française était en augmentation, la forêt des landes de Gascogne était elle en régression.

Cédric Philibert a quant à lui insisté sur la nécessité d’une transition énergétique au bénéfice de l’électricité et des énergies renouvelables (PV et éolienne).

Durant le débat, Philippe Barbedienne a fait part de son opposition au principe même du défrichement. Cédric Philibert a développé un argumentaire pour expliquer en quoi, selon lui, le développement des énergies renouvelables était indispensable et en indiquant que le bilan carbone d’une centrale photovoltaïque serait plus intéressant que celui de la parcelle telle qu’elle est exploitée aujourd’hui.

Les deux premiers éléments n’ont pas fait objet d’un consensus parmi les intervenants. La position de Philippe Barbedienne était claire : les surfaces en toiture et/ou sur les sols déjà artificialisés seraient suffisantes pour développer le photovoltaïque.

Sur la question de la biodiversité, le débat a mis à jour un point à clarifier entre compensation environnementale et compensation forestière, qu’il ne faut pas confondre, et qui seraient cumulatives sur le projet « Horizeo ».

Cédric Philibert a mis en avant la possibilité de développer des plateformes photovoltaïques compatibles avec une biodiversité intéressante (restaurer une biodiversité de plaine, avec des zones humides), voire plus riche qu’une forêt de monoculture. Philippe Barbedienne l’a contredit en citant l’exemple de la centrale photovoltaïque de Cestas, qui serait, selon lui, très pauvre en biodiversité. 
 

À la suite de l’atelier de controverses proprement dit, s’est tenue une réunion animée par Aurélie Dalleas de Domingo et François Gillard (CPDP) qui a rassemblé une trentaine de personnes appartenant pour la plupart à des associations, entreprises ou organismes concernés par le thème de l’atelier. Le Maitre d’ouvrage était également représenté.

Plusieurs positions se sont exprimées et ont été rappelées à l’occasion de ce nouveau temps d’échange.

La SEPANSO a rappelé son opposition au projet au titre de la nécessité de conserver les espaces naturels et forestier à tout prix. La représentante de la LPO a pu partager ses craintes et ses interrogations sur les enjeux de biodiversité et de photovoltaïque.

Cédric Philibert est revenu sur l’urgence climatique, la nécessité de développer de l’énergie produite grâce aux énergies renouvelables (photovoltaïque notamment) et la compatibilité entre photovoltaïque et biodiversité.

Un professionnel du secteur photovoltaïque a évoqué l’intérêt très limité de la forêt landaise et de son exploitation actuelle du point de vue de la biodiversité. Selon lui, il serait possible de développer des milieux intéressants et complémentaires sur des centrales photovoltaïques (ex. : milieux humides).

Les représentants des sylviculteurs et des propriétaires forestiers sont intervenus pour défendre la qualité environnementale de la forêt landaise et critiquer le cadre du débat public.

D’autres positions moins marquées ont également été énoncées. Un citoyen a fait part de sa difficulté à se positionner pour ou contre le projet « Horizeo » compte tenu de la complexité du sujet : « comment choisir entre urgence climatique et préservation de la biodiversité ? ».

Une autre personne a fait part de sa frustration au regard de l’état d’avancement des études qui ne permet pas à ce jour d’identifier clairement l’impact du projet « Horizeo ». Deux réunions importantes sont programmées : les 8 et 9 novembre prochains : sur les risques naturels et technologiques et sur la restitution d’études environnementales.

  • Publié le 19/10/2021
  • Date de dernière mise à jour : 22/10/2021

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